Les Gaulois répugnaient à donner figure humaine à leurs dieux. De fait, les représentations de figures humaines sont bien moins fréquentes dans l’art celtique du second âge du Fer que dans l’art gréco-romain. Pourtant, une enquête minutieuse permet de relever de nombreux témoignages, sur les supports les plus divers (sculpture en pierre, bijouterie de bronze,
monnayage…), qui exaltent non pas le corps humain dans son entier mais la tête humaine. Parallèlement, l’archéologie montre que les manipulations de restes humains étaient familières aux Gaulois et que celles-ci concernent plus souvent les crânes que le reste du squelette. Ces deux pratiques – représentations de têtes humaines isolées et manipulations de crânes – sont-elles des manifestations complémentaires de la même idéologie ? C’est la question que l’exposition Les Gaulois font la tête met en scène, sous la forme d’une enquête mêlant approches anthropologique et archéologique, afin de mieux cerner la signification d’un ensemble de témoignages sélectionnés parmi la documentation archéologique européenne des IIIe – Ier siècles avant J.-C.