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Le schéma directeur paysager

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Comment mettre en valeur Bibracte, un site archéologique totalement immergé sous une forêt séculaire ?

Ce défi a été relevé dans le cadre d’une approche essentiellement paysagère qui a été développée dans le cadre d’une étude commandée en 2004 à l’architecte paysagiste Claude Chazelle par la direction de l’Architecture et du Patrimoine du ministère de la Culture en partenariat avec Bibracte. Sous le titre provocateur de Mise en valeur des sites archéologiques invisibles, le rapport du paysagiste rendu en 2006 prend la forme d’un schéma directeur pour le site du Mont-Beuvray, éclairé par l’analyse des réalisations sur six autres sites patrimoniaux. Ce schéma directeur a servi de base pour la candidature de Bibracte au label Grand Site de France.

L’étude de Claude Chazelle montre que l’intérêt d’une approche paysagère globale des sites archéologiques résulte de ce qu’elle peut initier (à moindres frais) une lecture du site dans son environnement, faciliter la focalisation du regard sur des témoignages archéologiques particuliers et accroître la motivation du public.

 

Les grandes lignes du schéma directeur

L’importance de la forêt sur le site de Bibracte et la modestie des vestiges visibles de l’architecture antique,  dispersés sur une grande étendue, incitent à consacrer à l’“environnement naturel” au moins autant d’attention qu’aux vestiges archéologiques eux-mêmes, ce d’autant plus que cet environnement forestier est considéré par les visiteurs comme une composante majeure de l’identité du site, responsable de la “magie des lieux”.

 

Trois principes ont été dégagés :

  • rendre perceptible la géographie de l’espace qui sert de réceptacle à la ville (points hauts, vallons, rapports avec les collines et vallées alentour)
  • différencier l’emprise de la ville antique de son support géographique (le massif boisé du mont Beuvray)
  • mieux affirmer les lieux du site, dont ceux où s’inscrivent des vestiges montrables au public.

 

Le principal mode opératoire proposé pour cela est une intervention importante, mais progressive sur un siècle, sur le couvert forestier destinée à :

  • passer d’une logique de boisement de production à une logique de bosquets de signification dans l’emprise des remparts
  • révéler la charpente paysagère du site : morphologie et lieux majeurs
  • instaurer des continuités visuelles à l’échelle de la ville, permettant sa compréhension spatiale
  • mettre en scène des espaces  particuliers, comme les portes ou les belvédères.

 

Différentes possibilités de mise en scène des vestiges archéologiques ont également été établies.

Les surfaces de circulation antiques sont traitées sous forme de tapis d’herbe, avec différents modes d’entretien pour signifier des différences d’usage (espaces couverts, cours et jardins, rues).
Le cheminement piéton, quant à lui, reprend le principe d’aménagements agraires modernes, à savoir les haies plessées qui bordent traditionnellement les chemins du Morvan.

 

Comment mieux mettre en valeur “l’archéologie en mouvement” ?

Bibracte accueille, année après année, une demi-douzaine de chantiers de fouille animés par des chercheurs européens. C’est donc un des très rares lieux où le visiteur a la possibilité d’observer le travail des archéologues en temps réel et sa progression d’une année sur l’autre.

Dans le respect du plan de gestion paysagère, on a convenu que les installations et aménagements liés au travail des archéologues ne devaient laisser aucune trace durable. C’est dans cet esprit que les mobiliers dont est pourvu le site pour faciliter le travail des archéologiques ou accueillir les visiteurs  utilisent tous des matériels industriels démontables adaptés à l’équipement de chantiers, privilégiant l’acier galvanisé et l’aluminium.

On a ainsi développé le concept d’un abri de chantier totalement réversible, modulable et installable sans engin de levage lourd, avec le concours de l’architecte Paul Andreu. Un premier module, d’une surface de 850 m² a été installé au cours de l’été 2009 sur le chantier de la Pâture du Couvent, où l’on avait dégagé les restes d’un ensemble monumental romain du milieu du Ier siècle avant notre ère.